Le budget participatif et les jeunes collégiens parisiens

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Le budget participatif et les jeunes collégiens parisiens

Paris BP

Dans le cadre de notre partenariat avec la Ville de Paris, il a été demandé aux élèves du master, dès le début d’année, de se lancer dans deux expérimentations de concertation : le projet de réaménagement de la place du panthéon et celui du Budget Participatif parisien. 
Encadrés par nos professeurs nous avons imaginé plusieurs dispositifs de concertation et appris à prendre le temps du diagnostic, à maîtriser un déroulé d’animation ou encore à adopter la posture d’impartialité du facilitateur. Ambitieux mais bousculé par l’instauration de l’état d’urgence, le projet de concertation autour de la Place du Panthéon n’a pu se concrétiser. En revanche, en lien avec la Mission participation, les étudiants ont travaillé sur plusieurs ateliers d’émergence de projet en vue du Budget Participatif. Nous revenons ici sur le projet « Le parlement des délégués » au collège Pierre Mendès France dans le 20e.
Grâce à la confiance de l’équipe pédagogique, et après un rendez-vous de présentation, nous avons réuni à deux reprises les élèves délégués durant deux heures. La première séance a consisté en un diagnostic des besoins des collégiens, la seconde a permis d’imaginer plusieurs projets éligibles au Budget Participatif et enfin, dans le cadre de leur conseil de vie collégienne, les élèves ont co-écrit le projet déposé au budget participatif.
Cette aventure a été l’occasion de constater qu’à tout âge, de la sixième à la troisième, les enfants ou/adolescents sont capables de s’intéresser à la notion d’intérêt général.
Loin de partir dans des projets fous, voire loufoques, nous avons été surpris par les demandes des collégiens très pragmatiques et concrètes, comme la rénovation des toilettes ou des peintures du couloir.
Cette expérience pose une question fondamentale sur l’utilisation des budgets participatifs : doivent-ils être utilisés pour améliorer des équipements publics de base, ou bien doivent-ils être uniquement l’objet de projets ambitieux et créatifs ?
La dernière étape sera celle de la mobilisation. Ce projet démontre qu’il est heureux qu’il n’y ait pas d’âge pour voter, participer et détenir un pouvoir de décision. 
La vidéo de la première session de brainstorming

 

La vidéo de la seconde session de brainstorming


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Qu’est-ce qu’un budget participatif ?

Qu’est-ce qu’un budget participatif ? 
bilancio-partecipativo
 
A l’heure de la rigueur budgétaire, du consensus général sur la baisse de la pression fiscale, le budget constitue-t-il une dépense à compresser au maximum ou un levier de l’action publique et un outil de démocratie ? 
 
Pour la deuxième année consécutive, la Ville de Paris met en œuvre le budget participatif. D’autres villes en France comme Grenoble, Metz, Rennes testent également cette nouvelle approche de la participation citoyenne. 
 
Le budget participatif le plus connu est très certainement celui de Porto Alegre, au Brésil. En 1989, il est le premier budget participatif (orçamento participativo) de l’histoire. Depuis, partout dans le monde de nombreuses villes l’ont mis en œuvre, comme New York, Milan ou encore Mexico. 
 
Mais tout d’abord, à quoi ressemble un budget local ? 
Le budget municipal – français – est divisé en deux parties : un budget d’investissement et un budget de fonctionnement. 
Le budget de fonctionnement concerne toutes les dépenses nécessaires au fonctionnement de la collectivité (par exemple des dépenses de personnel, le petit entretien des bâtiments), mais aussi les dépenses récurrentes relevant de compétences obligatoires (comme l’action sociale, l’entretien de la voirie …)
Le budget d’investissement, qui peut être alimenté par de la dette est fléché sur différentes infrastructures publiques (comme la construction d’un terrain de sport, du mobilier urbain ou des équipements de transports).
 
Jusqu’à aujourd’hui tous les budgets participatifs se concentrent sur une partie, – plus ou moins importante en pourcentage – de l’enveloppe d’investissement. Les habitants sont invités à décider d’un montant du budget portant uniquement sur des dépenses d’équipements, et non de personnels.
>> Par exemple, il n’est pas possible de proposer un projet visant à renforcer le nombre de fonctionnaires en charge de certaines politiques publiques.
 
On voit donc ici une première limite à la participation citoyenne : les citoyens ne peuvent pas décider de tout. Certaines critiques du budget participatif, vont jusqu’à parler de « décisions bac à sable », qui ne concerneraient que des investissements superflus, comme la végétalisation des murs. 
 
Avec quelques variantes, le budget participatif se déroule généralement en trois grandes phases :
 
–          Phase 1 :  la soumission d’idées 
 
–          Phase 2 :  la consolidation des idées, voire co-construction des projets. Les habitants disposant déjà d’un projet ou non sont invités à se réunir en petits groupes et à faire émerger un projet commun, afin de le soumettre au reste des participants. Le but ici est de produire des projets collectifs, et d’éviter la surenchère de projets, trop nombreux à traiter pour les services de la collectivité locale. 
 
– Une phase de vote en ligne, ou dans des lieux mis à disposition par la collectivité ; la Mairie de Paris a développé des « triporteurs », à savoir des points mobiles qui se déplaçaient dans les lieux fréquentés de la capitale. 
 
– La restitution des résultats par la collectivité locale et le vote en conseil municipal.
 
Dans de nombreuses collectivités, comme Milan ou Paris, les habitants sont invités à voter par zones. A Paris, la Mairie permet de voter pour des projets qui concernent l’ensemble du territoire parisien, ainsi que des arrondissements. A Milan, le territoire est découpé en neuf zones. 
En outre, nombreuses sont les villes qui permettent à un large électorat de prendre part au vote. 
Quelques exemples : A Campi Bisenzio, en Italie, et à New York City, les habitants âgés de 16 ans et plus peuvent prendre part au vote.
A Paris, tous les habitants en âge de comprendre et de formuler des idées, ainsi que les étrangers peuvent contribuer au budget participatif. 
 
Aujourd’hui le budget participatif reste un dispositif largement méconnu des habitants, ou tout du moins peu approprié. On note en effet un très faible taux de participation (moins de 4% des habitants)
 
Le budget participatif témoigne d’une véritable avancée en termes de démocratie, puisqu’il confie aux citoyens les clefs même du financement de l’action publique. Il induit une évolution culturelle, tant pour les élus que pour les agents des services.
Toutefois, pour être à la hauteur des enjeux liés à la crise de représentativité, les dispositifs vont devoir s’étendre, tant dans leur périmètre géographique que dans les enveloppes financières consacrées. Mais ils devront aussi s’affiner et se professionnaliser, pour favoriser la transparence et la construction de véritables projets collectifs. 
 
Bibliographie
 
– LANGELIER Simon, « Que reste-t-il de l’expérience pionnière de Porto Alegre ? », Le Monde Diplomatique, octobre 2011, https://www.monde-diplomatique.fr/2011/10/A/21113
 
 
 
-“Les citoyens prennent-ils les clefs du budget ?”  http://learningtocount.eu/?p=213
 

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Le Budget de Paris s’ouvre aux citoyens

La ville de Paris est arrivée au bout de la première étape du programme de budget participatif lancé à l’initiative d’Anne Hidalgo, Maire PS élue en mars dernier.

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Empowerment et Démocratie participative #telsonne

Empowerment et démocratie participative: les citoyens s’approprient les leviers de décisions politiques


Avec comme invités :

Marie Hélène Bacqué, sociologue, professeure à l’Université Paris Ouest Nanterre. Auteure de L’empowerment, une pratique émancipatrice. Edition La Découverte.

Yves Sintomer, Professeur de science politique et Professeur à l’Université Paris 8. Auteur de « Les budgets participatifs en Europe » Editions La Découverte.

Mohamed Mechmache, co-président de la coordination nationale « Pas sans nous ». Co-auteur du rapport sur la rénovation de la démocratie dans les quartiers populaires.

En ligne : Annie Morin, première adjointe en mairie de Saillans (1200 habitants), pour la mise en place de la démocratie participative depuis la victoire en Mars de la liste collégiale “autrement pour Saillans”.


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Empowerment et résistances du système institutionnel français ?

La vie des idées a mis en ligne ce 12 novembre un article traitant des résistances du système institutionnel français face aux démarches participatives en prenant l’exemple de la politique de la ville et de l’empowerment. A lire de toute urgence !

 


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Emission “Science publique” de France Culture consacrée au débat sur l’enfouissement des déchets nucléaires

Category : Actualités

L’émission “Science publique” de France Culture était consacrée ce vendredi 21 juin 2013 au débat Cigéo organisé actuellement dans la Meuse par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) sur le projet d’enfouissement profond des déchets nucléaires.

centrale nucleaireIntitulée “Déchets nucléaires : le débat public sur l’enfouissement est-il possible en France?”, l’émission fait suite à l’annulation des réunions publiques du 23 mai et 17 juin 2013 sous la pression des opposants au projet. L’opposition, qui n’est pas sans rappeler celle rencontrée lors du débat sur les nanotechnologies en 2009, a obligé la Commission Particulière du Débat Public (CDPD) en charge de ce débat à repenser son organisation et à décaler l’ensemble des réunions publiques.

“Les opposants empêchent les réunions publiques de se tenir. Pour quelles raisons? Est-il possible de rétablir un dialogue ?”

Réécoutez l’émission sur le site de France Culture ou en podcast.

Intervenants présents : Claude Bernet (Président de la CPDP en charge du débat Cigéo), Benoît Hartmann (France Nature Environnement), Michel Gueritte (Association la Q.V.) et Laurence Monnoyer-Smith (Vice-Présidente de la CNDP).


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30 et 31 mai 2013 – Colloque “Action environnementale : que peut-on encore attendre de la concertation ?”

Category : Actualités

Organisé par le Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie (MEDDE), ce colloque vise à mettre en discussion les principaux résultats des vingt travaux de recherche initiés en 2008-2009 et achevés en 2012-2013 dans le cadre du programme de recherche Concertation, Décision, Environnement.

Lieu :  Asiem, 6 rue Albert-de-Lapparent, Paris 7ème
Public : Chercheurs, acteurs des politiques publiques, praticiens de l’environnement et de la concertation, associatifs et responsables de formation
Tarif : gratuit
Inscription obligatoire avant le 20 mai. Pour vous inscrire, rendez-vous ici.

Plus d’informations sur le site www.concertation-environnement.fr.