Barrage de Sivens, révélateur d’une crise de la représentation

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Barrage de Sivens, révélateur d’une crise de la représentation

Par delà l’émotion suscitée par la mort d’un manifestant, les modalités de la démocratie représentative sont radicalement interpellées par ceux qui contestent ce qu’ils nomment les GPII (grands projets inutiles imposés). De nombreux commentateurs l’ont souligné et c’est particulièrement clair dans une interview du Secrétaire d’État à la Réforme de l’État et à la Simplification, Thierry Mandon, invité de la matinale de France Inter le 30 octobre dernier (à réécouter à partir de la 7e minute).

Voici une transcription du passage qui nous interpelle.

France Inter : « les cas de projets locaux contestés après coup alors qu’ils ont été validés par les représentants du peuple se multiplient, ça pose question tout de même ? »

Thierry Mandon : « Cela veut dire que les formes traditionnelles de la démocratie représentative, celles qui laissent à des élus le soin de décider ce qui est bon pour le pays, sont probablement insuffisantes désormais et que cette démocratie représentative doit être complétée par ce qu’on appelle classiquement la démocratie participative, (…) des formes beaucoup plus larges de participation des populations aux processus de décision.

Il faut réinterroger les processus d’enquête publique, par exemple, qui aujourd’hui, franchement, sont des processus qu’on peut à la fois simplifier et qui pourraient être des supports beaucoup plus grands à l’expression des citoyens concernés que ça n’est aujourd’hui.

Il faut améliorer la transparence des décisions publiques, les motivations de la décision publique, quand on fait un choix comme cet investissement, les raisons pour lesquelles on le fait, comment on a étudié ou pas les alternatives à ce choix, bref travailler beaucoup plus sur l’impact prévisionnel de la décision publique.

En terme d’outil démocratique, aujourd’hui, il y a des carences, des manquements qui font que finalement ou malheureusement, chaque fois qu’il y a des élus qui prennent une décision on se dit qu’ il y a un lézard, qu’il y a quelque chose qui est caché derrière qu’on ne nous dit pas.

Il faut beaucoup plus d’ouverture et de transparence, une démocratie qui sera revitalisée et des élus qui pourront décider plus sereinement et plus efficacement. »

Voilà qui ouvre des perspectives à toutes les nouvelles formes de concertation.

2 articles plus récents à consulter :

http://www.slate.fr/story/94585/sivens-democratie-participative-referendum

http://www.huffingtonpost.fr/nicolas-garderes/pour-une-authentique-democratie-ecologique_b_6152122.html?utm_hp_ref=france